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Comment mieux comprendre ses émotions ?

  • Photo du rédacteur: Anaïs Betton Psychologue
    Anaïs Betton Psychologue
  • 29 août 2025
  • 5 min de lecture

Qui n’a jamais tapé sur Google : « Comment gérer mes émotions ? » Colère, tristesse, peur, honte,... Elles surgissent parfois sans prévenir, au point de nous sembler envahissantes. Beaucoup aimeraient « contrôler » leurs émotions, comme s’il suffisait d’appuyer sur un interrupteur. Pourtant, les émotions ne sont pas des ennemies : ce sont des messagères qui nous informent sur nos besoins. Avant de chercher à les gérer, il est donc essentiel de passer par une étape fondamentale : la compréhension des émotions.


Qu’est-ce qu’une émotion ?

Une émotion est une réaction naturelle de notre corps et de notre esprit face à une situation.Elle mobilise trois dimensions :

  • Physique : battements du cœur qui s’accélèrent, gorge serrée, chaleur qui monte…

  • Psychique : pensées, souvenirs, interprétations.

  • Comportementale : tendance à agir (se protéger, se rapprocher, se défendre).


Loin d’être inutiles, nos émotions ont évolué pour nous aider à nous adapter et à survivre.


Les chercheurs en psychologie, dont Paul Ekman, ont montré qu’il existe six émotions dites universelles, présentes dans toutes les cultures et exprimées par des mimiques faciales identifiables partout dans le monde : la joie, la tristesse, la peur, la colère, la surprise et le dégoût.

Ces émotions de base sont comme un langage commun à l’humanité. Elles apparaissent très tôt dans le développement de l’enfant et servent de fondation à toutes les autres nuances émotionnelles.

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Et les autres émotions alors ?

Si les chercheurs s’accordent sur ces six émotions universelles, cela ne veut pas dire que les autres émotions – comme la honte, la culpabilité, la fierté ou la curiosité sont « moins réelles ».

Ces émotions dites complexes ou secondaires sont en réalité des combinaisons ou des variations des émotions de base, enrichies par : notre histoire personnelle (expériences, apprentissages), le contexte social et culturel (par ex. la culpabilité est très influencée par les valeurs d’une société), et notre développement (elles apparaissent plus tard dans l’enfance, quand le langage et la conscience de soi se développent).

Ainsi, les émotions universelles forment un socle commun, et toutes les autres se construisent à partir de ce socle, grâce à nos interactions sociales et à notre développement psychologique.


En résumé, nos émotions constituent un véritable langage intérieur. Elles traduisent à la fois notre appartenance à l’humanité et notre singularité, façonnée par l’histoire de chacun.


À quoi servent nos émotions ?

Les émotions ne sont pas des faiblesses : elles sont là pour nous protéger, nous guider et favoriser notre adaptation. Chacune a une fonction précise !


La peur : se protéger

Réaction de survie, la peur nous alerte face au danger. Elle prépare notre corps à fuir, nous cacher ou nous figer. 👉 Elle garantit notre sécurité et nous aide à rester en vie.


La colère : poser des limites

Elle signale une injustice, une attaque ou un manque de respect. 👉 Elle mobilise notre énergie pour défendre nos besoins et fixer des limites claires.


La tristesse : traverser la perte

Elle apparaît lorsqu’un lien est rompu ou qu’un besoin n’est pas satisfait. 👉 Elle nous pousse à chercher du soutien, à réfléchir à nos attentes et à accepter ce qui doit être laissé derrière.


La joie : savourer et partager

Elle indique qu’un événement positif est en cours. 👉 Elle favorise la socialisation, le partage et renforce notre motivation à reproduire ce qui fait du bien.


Le dégoût : éviter le toxique

C’est une réaction de rejet face à ce qui pourrait être nocif ou inacceptable. 👉 Il nous protège en nous éloignant de ce qui menace notre équilibre.


La surprise : s’adapter vite

Elle survient lorsqu’un événement inattendu se produit. 👉 Elle met notre esprit en alerte pour nous ajuster rapidement à la nouveauté.


La honte et la culpabilité : préserver les liens

  • La honte apparaît lorsqu’on se sent jugé ou en décalage avec les normes sociales.

  • La culpabilité survient lorsqu’on pense avoir mal agi.

    👉 Ces émotions incitent à corriger nos comportements, réparer les erreurs et maintenir des relations perçues comme importantes.


La fierté : reconnaître sa valeur

Elle se manifeste lorsqu’on atteint un objectif ou qu’on reçoit de la reconnaissance. 👉 Elle nourrit l’estime de soi et consolide la confiance.


La curiosité : explorer et apprendre

Face à la nouveauté, la curiosité nous pousse à découvrir et à grandir. 👉 Elle stimule la créativité et l’apprentissage.


Ces exemples montrent que chaque émotion a une fonction précieuse. Mais la liste ne s’arrête pas là : nos émotions forment une palette infinie de couleurs, allant des plus vives aux plus sombres, qui dessinent la richesse de notre expérience humaine.


Peut-on vraiment « gérer » ses émotions ?

Il est essentiel de distinguer deux choses. L’émotion, qui surgit automatiquement, sans que nous l’ayons choisie, et le comportement, c'est à dire notre manière d’y répondre.

On ne choisit pas de ressentir de la peur ou de la colère, mais on peut choisir ce qu’on en fait ! Vouloir supprimer une émotion est illusoire. En revanche, apprendre à l’identifier et à l’accueillir permet de reprendre du pouvoir sur sa manière d’agir.


Première étape : apprendre à les observer

Avant de chercher à changer nos émotions, il est utile de commencer par les observer.Cette auto-observation peut se faire en trois temps simples :

  1. Repérer l’émotion : quelle émotion est en train de se manifester ? (colère, tristesse, joie, peur…)

  2. Ressentir dans le corps : où est-ce que je la sens ? (chaleur dans la poitrine, gorge serrée, jambes molles, sourire spontané…)

  3. Nommer sans juger : mettre un mot dessus (« je ressens de la colère », « je me sens joyeux », « je suis triste »).

Cet exercice peut sembler simple, mais il permet déjà d’apaiser l’intensité émotionnelle. Observer une émotion, c’est commencer à en prendre soin.


Deuxième étape : accueillir sans lutter

Une fois identifiée, l’émotion peut être simplement reconnue comme légitime. Cela ne veut pas dire tout accepter ou se laisser envahir, mais éviter de tomber dans la lutte intérieure (« je ne devrais pas ressentir ça ») qui, paradoxalement, amplifie l’émotion.


Troisième étape : choisir sa réponse

Quand l’émotion a été observée et accueillie, il devient possible de se demander : de quoi ai-je besoin ? , quelle action est la plus aidante ici ?

L’objectif n’est pas de supprimer l’émotion, mais de trouver une façon plus ajustée d’y répondre (parler, se poser, mettre une limite, demander du soutien…).


Conclusion

Les émotions ne sont pas là pour nous compliquer la vie. Elles sont des signaux précieux, des guides qui nous indiquent ce dont nous avons besoin. Vouloir les « gérer » ne signifie pas les contrôler ou les étouffer, mais apprendre à les reconnaître et à y répondre autrement.


Et si la prochaine fois que vous ressentez une émotion forte, vous preniez un instant pour simplement l’observer ? Notez où elle se manifeste dans votre corps, nommez-la, sans chercher à la faire disparaître. L’auto-observation est déjà un premier pas vers une meilleure régulation émotionnelle.

 
 
 

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